Quand tout à coup, BOUM, la réalité…

Family Fun

Comme je l’expliquais hier, nous avons fait le choix (merci à l’homme au klaxon) de quitter Paris pour Lille après une bonne vingtaine d’années passées dans la capitale.

Un départ ultra rapide à la hauteur de notre ultra ras-le-bol.

Problème : on avait un tout petit peu (ok, complètement) fantasmé ce changement de vie. 

On s’était imaginé :

  • Qu’avec le prix de notre loyer à Puteaux, on aurait MINIMUM une gentilhommière et des hectares de terrain à Lille.
  • Que les enfants, fous de joie d’avoir ENFIN un jardin, nous remercieraient tous les jours et passeraient leur vie dehors.
  • Qu’ils arrêteraient de se taper dessus, trop occupés à profiter de la nature environnante.
  • Que l’école, la bouffe, les loisirs seraient moins chers, voire GRATUITS ! (tant qu’à faire..)
  • Qu’on se ferait une tonne de nouveaux potes en un rien de temps, que les gens seraient trop contents de voir débarquer de nouvelles têtes, limite qu’ils nous accueilleraient avec des colliers de fleurs à la descente du camion de déménagement.
  • Que je trouverais rapidement un nouveau boulot passionnant et super bien payé qui me permettrait de sortir tous les soirs à 16h pour m’occuper de mes enfants.

Bref, dans notre tête, ça allait se passer comme ça : la semaine, je me lèverais dans notre immense demeure en chantant avec les oiseaux du jardin, pendant que les enfants, heureux, se prépareraient en riant. Tout ce petit monde grimperait dans la voiture direction l’école puis, mon nouveau travail hyper passionnant et bien payé. J’irais ensuite rechercher les enfants et nous passerions une soirée merveilleuse et harmonieuse au coin du feu ou dans notre jardin. Le week-end, mon mari rentrerait en train de Paris pour retrouver une femme épanouie et des enfants adorables. Le soir, nous sortirions à gauche et à droite chez nos nouveaux merveilleux amis et le dimanche nous irions nous promener dans la campagne environnante en soupirant de bonheur…

Ce qu’il s’est réellement passé ?

Les enfants n’en avaient rien à foutre du jardin. Ils voulaient leurs potes, leur square, leurs copains d’école…Ils étaient tristes et déboussolés. Mon fils ainé n’a pas supporté sa nouvelle école et a fait une grosse déprime. A la maison, ça hurlait tous les soirs, je pleurais un jour sur deux… Bon, au moins, je pouvais m’aérer la tête dans mon nouveau boul..ah ba non, je n’ai jamais retrouvé de nouveau boulot ! Je passais mes journées à plier du linge en regardant Arabesques et en me demandant ce que je foutais là. Quand mon mari rentrait, claqué, le week-end, je tentais de faire bonne figure dix minutes avant d’éclater en sanglots pendant que les enfants retournaient la maison en signe de protestation. Les gens avec des colliers de fleurs ne se sont évidemment jamais pointés à la descente du camion de déménagement. Ils avaient leurs vies, leurs bandes de potes, personne ne nous attendait et c’était normal.

On avait été cons. Et arrogants.

Il y a eu évidemment de merveilleux moments, ma famille, que je retrouvais, a été hyper présente et on a rencontré ou revu des gens top mais globalement, il a fallu une année. Une année ENTIERE avant qu’on arrive à se dire « On a pris la bonne décision ». Une année qu’on n’avait ni imaginée, ni prévue…

C’est cette rentrée, au mois de septembre, après avoir conduit mon fils ainé dans sa nouvelle école, après avoir posé les deux petits dans la leur que je suis rentrée chez moi, que j’ai appelé mon mari et que je lui ai dit : « Tu sais quoi ? Je crois que c’est bon, on est chez nous. »

Et que j’ai raccroché.

Et que j’ai souri.

 

(ps : j’étais partie pour faire un papier rigolo sur un truc débile et puis c’est ça qui est sorti, tout seul…désolée pour les amateurs de papier rigolo sur des trucs débiles 🙂 je me rattrape vite ! )

(ps1 : c’est pas nous hein sur la photo. C’est une autre famille très très heureuse qui ELLE a totalement réussie son déménagement en province. J’ai évidemment beaucoup plus de poitrine. ) 

16 réflexions sur “Quand tout à coup, BOUM, la réalité…

  1. Julia de la Juliaterie 7 décembre 2016 / 19 h 04 min

    Merci. Lire ton article m’a fait vraiment du bien. Je m’y retrouve tellement. Point par point! Sauf que je suis partie dans le sud au lieu du nord mais sinon tous les éléments y sont!
    Les enfants pas ravis (surtout la grande), ne pas avoir de job et surtout passer d’une vie sociale et amicale riche à… pas grand chose. Et encore que j’ai la chance d’avoir retrouvé une copine de blog de Paris qui a aussi déménagé à quelques mètres de chez moi à Marseille mais sinon rien.
    Ça me pèse énormément. Ton post me conforte dans l’idée d’être patiente et que le temps fait bien les choses.
    Alors merci encore!

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    • La fille du bus 7 décembre 2016 / 19 h 30 min

      de rien, je me suis dit qu’il fallait « démystifier » ce fameux retour en province… 😉

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    • Eliza 7 décembre 2016 / 19 h 41 min

      C’est un peu pour ça que j’en est marre de déménager…. si je fais le compte: 4 ans dans cet état!!

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  2. Axelle 7 décembre 2016 / 21 h 14 min

    Bravo pour tant de franchise et d’avoir eu le courage de changer de vie !
    Même expérience à Montpellier (le soleil en plus ^^) mais retour à Paris après 2 ans. Le ciel bleu, la mer et la « qualité de vie » de la Province n’ont pas suffit à nous retenir :on a préféré retrouver la famille, les amis (et du travail !).
    Profitez bien de cette nouvelle vie !

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  3. Polinepo 7 décembre 2016 / 21 h 26 min

    J ai RI mais RI sur ta paire de loches ! Non sinon T avais qu A pas partir 😦

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  4. Albane 7 décembre 2016 / 21 h 58 min

    J ai a do ré !!!
    Moi mes rêves sont en corse et je n attends qu une chose être mutée par mon Boss pour gérer quelque chose la bas !
    Mon fils me dit tout le temps y’a que la bas que jveux aller !
    Pas facile du coup !
    En revanche je ne serai pas perdue !
    J y ai déjà vécu et je ne suis pas perdue mais pour le Taf !!! Et dans la com !!! Bah c est pas gagné ! D ou une espérance de mutation 😉 merci de ce chouette constat.

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  5. AnneCé 8 décembre 2016 / 0 h 22 min

    mais ça existe encore une fille qui boit du Régilait ? (La personne qui pourra lire ce mot sans avoir la pub dans le tête n’est pas de ma génération)! bravo pour ton blog! AC from Puteaux (pour l’instant)

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  6. MamaFunky 9 décembre 2016 / 12 h 59 min

    Ohlalalala ce que ça fait du bien de lire un article comme ça. On a fait comme toi mais plus au Sud… On vient d’arriver donc bah… Je te laisse imaginer quoi.
    Ton article m’a inspiré un article similaire, mais version Marseille. Je le publie courant Décembre.

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  7. Carmen 5 mars 2017 / 23 h 33 min

    Rigolo, pétillant, j’adore !

    Vous ne vous êtes pas facilité la vie : passer de l’effervescence parisienne (ou au moins de la RP) à … Lille (et ses 18 % de chômage) ???

    Lille semble triste, pas très sûre, petite et peu active sur le plan culturel (malgré une belle campagne de communication, je vous l’accorde.)

    Ne vous y ennuyez-vous pas ?

    Bonne chance pour cette nouvelle vie !

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