T’emmènes pas tes enfants au Palais de Tokyo ?

Vous faites quoi vous de vos week-end ?

A lively child

Si j’en crois mes souvenirs, les week-end où nous n’avions pas d’enfants duraient en moyenne deux fois plus longtemps que nos week-end actuels. Le temps s’étirait, on ne regardait jamais nos montres, on faisait ce qu’on avait envie de faire à l’instant précis où on avait envie de le faire et si c’était un japonais à 16h suivi d’un ciné dans la foulée, eh bien c’était un jap à 16h.

C’est une époque où on pouvait également sortir des phrases aussi dingues que « ok, on arrive » ou « ok, on reste » quand on nous proposait un truc. Pas « Alors, oui, ça nous tente bien mais d’abord il faut que je trouve une baby-sitter, la nôtre n’est pas dispo et puis ça va être compliqué parce qu’A. a un anniversaire qui finit à 19h et on doit conduire B. au foot, et est-ce que t’as un lit pliant parce que je pense qu’on va garder A.Bis avec nous. Par contre, si on vient, c’est pas tard hein, parce que demain matin, B. doit bosser son DS de maths ».

Non, on disait « Ok, on arrive. »

Les samedi commençaient à midi et se terminaient au petit matin et les dimanches suivaient la courbe des températures extérieures. Plus il faisait beau et chaud et plus ils retardaient le moment de se transformer en lundi.

Aujourd’hui, nos samedi commencent à 8h et nos dimanche vont gentiment se coucher à 22h.

Mais surtout, nos week-end à Lille ne ressemblent plus du tout à nos week-end à Paris.

Ici, on ne fout rien mais on profite de tout. A Paris, on ne foutait rien, mais je culpabilisais à mort. Je culpabilisais tout le temps…

Parce qu’à Paris, j’avais ce sentiment très fort que je n’assurais pas des masses en tant que mère :

« Ah, t’emmènes pas tes enfants à l’atelier Sons urbains et Design organisé par DJ Kiko au Palais de Tokyo ? C’est dommage ! Ils vont construire des machines à rêves avec des objets de récup et après, il y a un goûter limonade & burgers chez la Fabrique à Buns. »

« Oh, on aurait adoré vous rejoindre au parc mais nous, on file à la conférence Sophrologie et Châteaux de la Loire organisée par Lorant Deutsch à la salle Pleyel… »

« Tes fils ont l’air un peu speed…tu veux pas essayer les cours de Youm’ba à la Villette le samedi soir ? C’est CA-NON. C’est un mélange de Yoga et de Zumba pour les enfants. Mathis adore. Il se dépense en se détendant, c’est génial. Et puis comme c’est à coté du cours d’Expression par le chant kabyle de Myrtille, on en profite après pour se faire un Bo Bun dans le coin. C’est notre rituel. C’est hyper important tu sais, les rituels pour les enfants, ça les rassure vachement, ça les ancre dans une temporalité. Tu devrais vraiment lire le bouquin de Marie-Nadine Berthier dont je t’ai parlé sur les enfants et le rapport au temps….Mais si ! Tu sais ! Marie-Nadine Berthier, la psychomotricienne qui a écrit La rate, notre deuxième cerveau et En finir avec la tyrannie des mères-aigles…Attends, t’as pas lu la tyrannie des mères-aigles ?!! Non ?! Mais ce bouquin a changé notre vie à la maison ! C’est compliqué à te résumer là, comme ça, mais en gros, elle t’explique qu’il y a plusieurs catégories de mères. Moi, par exemple, j’ai découvert que j’étais une mère-tourterelle. Je te jure c’est hallucinant, je me suis reconnue à 100% ! Et c’est pas des conneries hein, c’est basé sur des recherches qui ont été menées aux Etats-Unis en collaboration avec un ornithologue et un pédopsy hyper réputé, je te retrouverais le nom. En gros, tu dois vachement adapter ton éducation selon que tu sois pic-vert ou pinson par exemple. Isabelle, tu vois, je suis sure que c’est une mère-aigle et ça c’est terrible pour ses enfants… D’ailleurs son petit dernier là, ben il a toujours des couches et c’est pas un hasard…oui, il a 18 mois mais bon, quand même…enfin, lis-le, tu vas halluciner. Ça et Tout se joue au premier popo de Pierre Ruffino, ce sont mes bibles ! »

Aujourd’hui, tout cela est loin…Ici, nos week-end comme nos envies suivent le rythme des saisons. En fait, ce n’était pas Paris le problème, c’était juste nous et nos complexes à la con. On ne culpabilisait pas de ne rien faire. On culpabilisait de ne pas pas faire ce que les autres faisaient. On culpabilisait de ne pas faire ce qu’au fond PERSONNE n’attendait que nous faisions.

Aujourd’hui, j’ai (presque) arrêté de me coller et de coller à mes enfants la pression et je me fous de savoir si tout se joue au premier vomi ou avant 6 mois. Peu importe ce que pensent Marie-Nadine Berthier et Pierre Ruffino de ma façon d’éduquer les enfants et je n’ai surtout plus besoin d’une thèse foireuse pour savoir si je suis plutôt une mère cigogne ou une mère dindon…

 

…je SAIS que je suis une mère-poule.

 

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